Relancer ses clients par notification ou SMS : que dit la CNIL ?
La prospection commerciale par SMS ou email vers des particuliers suppose en principe leur consentement préalable (opt-in). Il existe une tolérance pour l'email vers vos propres clients sur des offres analogues, avec désinscription facile ; pour le SMS, le consentement reste la règle. La notification Wallet change la donne : elle ne demande ni numéro ni opt-in SMS — le client qui ajoute votre carte à son Wallet accepte d'en recevoir les mises à jour. C'est la voie la plus simple et la plus propre pour relancer sans risque.
SMS et email de prospection : la règle de l'opt-in
En matière de démarchage commercial vers des particuliers, la règle de base est simple : il faut leur consentement préalable. C'est ce qu'on appelle l'opt-in. Concrètement, une personne doit avoir accepté, par un geste positif, de recevoir vos messages promotionnels avant que vous ne lui en envoyiez. Un numéro de téléphone récupéré au comptoir ne vaut pas, à lui seul, autorisation de lui envoyer des SMS d'offres.
Cette exigence n'a rien d'arbitraire : elle protège le client d'une sollicitation qu'il n'a pas demandée, et elle vous protège vous, en évitant que votre commerce ne soit perçu comme un émetteur de spam. Un message envoyé sans accord est mal reçu, souvent signalé, et peut abîmer la relation avec un client que vous vouliez justement fidéliser.
L'opt-in doit être clair et distinct. Récupérer un contact « pour la carte de fidélité » ne suffit pas à couvrir l'envoi de promotions : gérer la fidélité et faire de la prospection sont deux finalités différentes. Si vous voulez pouvoir relancer un client par un canal classique, il faut qu'il ait accepté spécifiquement de recevoir vos messages.
- Prospection SMS/email vers des particuliers : consentement préalable en principe.
- Un numéro donné « pour la carte » ne vaut pas accord pour de la promotion.
- L'opt-in doit être un geste positif, clair et distinct.
La tolérance email vers ses propres clients
Il existe un aménagement bien connu, souvent appelé « opt-in assoupli », qui concerne l'email adressé à vos propres clients. Sous certaines conditions, vous pouvez leur écrire sans avoir recueilli un consentement formel au préalable — à condition de rester dans un cadre précis.
Trois conditions se cumulent. D'abord, il doit s'agir de personnes qui sont déjà vos clients, pas de prospects que vous n'avez jamais servis. Ensuite, le message doit porter sur des produits ou services analogues à ceux qu'ils vous ont déjà achetés — pas sur une offre sans rapport. Enfin, chaque message doit offrir un moyen simple et immédiat de se désinscrire, et cette possibilité doit avoir été proposée dès la collecte de l'adresse.
Attention : cette tolérance vaut pour l'email, pas pour le SMS. Le SMS reste soumis à la règle plus stricte du consentement préalable. Autrement dit, écrire un email à ses clients sur une offre proche de ce qu'ils achètent est envisageable dans ce cadre ; envoyer un SMS promotionnel de masse, lui, suppose en principe un opt-in en bonne et due forme.
- Email vers vos propres clients : tolérance possible sous conditions.
- Produits analogues à ceux déjà achetés + désinscription facile à chaque message.
- Cette tolérance ne s'étend pas au SMS, qui reste plus strict.
La notification Wallet : relancer sans numéro ni opt-in
C'est ici que la carte de fidélité digitale apporte un vrai avantage. La notification qui arrive dans Apple Wallet ou Google Wallet ne repose ni sur un numéro de téléphone, ni sur un opt-in SMS. Elle fonctionne autrement : le client qui ajoute votre carte à son Wallet accepte, par ce geste même, d'en recevoir les mises à jour. Le canal est ouvert par l'ajout de la carte, pas par une case à cocher séparée.
Cela ne veut pas dire que tout est permis. Le bon réflexe est de respecter la finalité pour laquelle le client a ajouté la carte : l'informer de sa fidélité, de ses points ou tampons, d'une récompense disponible, éventuellement d'une offre ponctuelle en rapport avec votre commerce. Détourner ce canal pour du matraquage promotionnel sans lien avec la carte trahirait l'attente du client — et le pousserait à la supprimer.
Car le client garde toujours la main. Pour couper le canal, il lui suffit de retirer la carte de son Wallet : il n'a besoin de vous demander aucune désinscription, la maîtrise est entre ses mains à tout moment. Cette simplicité — pas de numéro à collecter, pas d'opt-in SMS à gérer, retrait immédiat côté client — fait de la notification Wallet la façon la plus propre de relancer.
- Le client accepte les mises à jour en ajoutant la carte à son Wallet.
- Respecter la finalité : informer sur la fidélité, pas spammer.
- Le retrait est immédiat côté client : il supprime la carte, le canal se coupe.
Ce qu'on peut / ne peut pas dire dans une relance
Une relance utile informe, elle ne harcèle pas. Vous pouvez tout à fait rappeler à un client qu'il lui reste un tampon avant sa récompense, qu'une récompense l'attend, ou signaler une offre ponctuelle en rapport avec ce qu'il vient chercher chez vous. Ce type de message est attendu et bien reçu : il prolonge la relation de fidélité que le client a choisie.
À l'inverse, ce qui pose problème, c'est le message trop fréquent, sans réelle valeur, ou sans rapport avec le motif d'inscription. Bombarder un client d'offres génériques finit par produire l'effet inverse de celui recherché : la lassitude, puis le désabonnement ou la suppression de la carte. Une relance n'a de sens que si elle apporte quelque chose au client, pas seulement à vous.
La fréquence est le curseur le plus important. Il n'existe pas de nombre magique, mais un principe : rester raisonnable et espacé. Mieux vaut un message rare et pertinent — une récompense disponible, un temps fort de l'année — qu'un flot régulier qui use l'attention. La règle du bon sens : n'écrivez que quand vous avez quelque chose d'utile à dire.
- On peut : rappeler une récompense, un tampon manquant, une offre en rapport.
- On évite : messages trop fréquents, génériques, sans lien avec la fidélité.
- Fréquence raisonnable : écrire seulement quand on a quelque chose d'utile à dire.
En pratique pour un commerçant
Si l'on met tout cela en ordre de priorité, une hiérarchie simple se dessine. Le canal à privilégier est la notification Wallet : c'est le plus simple à mettre en place, le plus propre juridiquement, et celui que le client a explicitement accueilli en ajoutant sa carte. Pour la plupart des relances de fidélité, il suffit largement.
L'email garde son utilité, à condition de rester dans le cadre de la tolérance : vers vos propres clients, sur des offres proches de ce qu'ils achètent, avec une désinscription facile. C'est un bon complément quand vous avez recueilli des adresses proprement et que vous avez un vrai message à faire passer.
Le SMS de masse, lui, est le canal à manier avec le plus de précaution : il suppose en principe un opt-in en bonne et due forme, il coûte, et il est vite ressenti comme intrusif. Sauf consentement clair et usage mesuré, il vaut souvent mieux l'éviter au profit de la notification Wallet. Ces repères sont généraux et ne constituent pas un conseil juridique : pour votre situation précise, consultez le site de la CNIL (cnil.fr) ou un professionnel du droit.
- Privilégier la notification Wallet : simple, propre, déjà acceptée par le client.
- Garder l'email pour ses propres clients, sur des offres analogues, avec désinscription.
- Éviter le SMS de masse sauf opt-in clair et usage mesuré.
Questions fréquentes
Ai-je le droit d'envoyer des SMS promotionnels ?
En principe, non sans consentement préalable. L'envoi de SMS promotionnels à des particuliers suppose leur opt-in : un accord clair et spécifique, donné par un geste positif. Un numéro récupéré au comptoir « pour la carte de fidélité » ne suffit pas à couvrir l'envoi de promotions. Le SMS est plus strict que l'email sur ce point. Une alternative sans opt-in SMS existe : la notification Wallet, que le client accepte en ajoutant votre carte à son téléphone.
Et des emails à mes clients ?
C'est possible dans un cadre précis. Une tolérance, souvent appelée « opt-in assoupli », permet d'écrire à vos propres clients sur des produits ou services analogues à ceux qu'ils vous ont déjà achetés, à condition de proposer une désinscription simple à chaque message. Cette tolérance vaut pour l'email, pas pour le SMS. Hors de ce cadre — prospects que vous n'avez jamais servis, offres sans rapport — il faut un consentement préalable.
La notification Wallet demande-t-elle un consentement ?
Elle ne demande ni numéro de téléphone ni opt-in SMS : le client qui ajoute votre carte à son Apple Wallet ou Google Wallet accepte, par ce geste, d'en recevoir les mises à jour. Il reste recommandé de respecter la finalité — informer sur la fidélité, pas spammer — et le client garde la main à tout moment : pour couper le canal, il lui suffit de supprimer la carte de son Wallet, sans avoir à vous demander quoi que ce soit.
À quelle fréquence relancer sans gêner ?
Il n'y a pas de nombre magique, mais un principe : rester raisonnable et espacé. Mieux vaut un message rare et pertinent — une récompense disponible, un tampon manquant, un temps fort de l'année — qu'un flot régulier qui lasse. La règle du bon sens est d'écrire seulement quand vous avez quelque chose d'utile à dire au client. Une relance trop fréquente produit l'effet inverse : lassitude, puis suppression de la carte.
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