Bon cadeau et carte cadeau au restaurant : ce que le restaurateur doit savoir
La réponse courte
Un restaurant sert des plats à 10 % et de l’alcool à 20 % de TVA : son bon cadeau est donc en général un bon à usages multiples, dont la vente n’est pas taxée et qui paie la TVA le jour du repas, au taux de ce qui est servi. Un bon en euros, utilisable en plusieurs fois, survit aux changements de carte ; un bon « un menu dégustation » oblige à dire d’avance ce qu’il deviendra quand ce menu changera.
Au restaurant, le bon cadeau est souvent un repas offert à deux, pour une fête ou un anniversaire, par quelqu’un qui ne sera pas à table. C’est aussi un nouveau client qui pousse la porte. Cinq règles le gouvernent, chacune avec son texte et un geste.
article 256 ter du code général des impôts, repris dans le code des impositions sur les biens et services au 1er janvier 2027
Un bon dont on ne connaît pas, au moment de la vente, le taux de TVA qu’il paiera est à usages multiples : sa vente n’est pas taxée, c’est le repas payé avec qui l’est.
Dans votre commerce : Le même bon peut payer un plat à 10 % ou une bouteille à 20 % : tant que la table n’a pas commandé, personne ne sait quel taux il portera. Un restaurant où tout ce que le bon peut payer est au même taux est dans l’autre cas, celui du bon à usage unique.
Le geste du jour : Enregistrez la vente du bon à part, sans TVA, puis, le jour du repas, passez l’addition comme d’habitude avec ses taux, et le bon comme un moyen de paiement.
02
Le menu avec vin ventilé
BOFiP, BOI-TVA-LIQ-30-20-10-20, § 80
Quand un menu à prix unique comprend une boisson alcoolique, son prix se répartit entre la part de l’alcool, au taux normal, et le reste, au taux réduit, selon une méthode que le restaurateur doit pouvoir justifier.
Dans votre commerce : Un bon « menu dégustation avec accord mets et vins » paiera donc deux taux le jour où il servira : c’est la même ventilation que pour une table qui paie ce menu, rien de plus.
Le geste du jour : Notez, pour chaque menu avec vin, la part de l’alcool que votre caisse applique, et utilisez la même quand ce menu est réglé par un bon.
03
Le menu nommé ou le montant
article L111-1 du code de la consommation
Avant que l’acheteur du bon ou la table ne paie, le restaurateur lui communique de façon lisible ce qu’il vend, dans ses caractéristiques essentielles, et son prix.
Dans votre commerce : Un bon « le menu du chef pour deux » vendu en décembre sera présenté au printemps, quand la carte aura changé : sans règle écrite, chacun aura sa lecture de ce qu’il couvre.
Le geste du jour : Vendez de préférence un montant ; si vous tenez au menu nommé, écrivez sur le bon « ou le menu équivalent de la carte du moment ».
04
La soirée datée vendue en ligne
articles L221-18 et L221-28 du code de la consommation
L’achat à distance ouvre quatorze jours de rétractation, sauf pour les services de restauration qui doivent être fournis à une date ou à une période déterminée.
Dans votre commerce : Le dîner du 31 décembre ou du 14 février, payé en ligne pour ce soir-là, entre dans cette exception ; un bon en euros, utilisable quand on veut, n’y entre pas avec certitude, et reste en principe annulable pendant quatorze jours.
Le geste du jour : Séparez, sur votre site comme dans vos messages, la réservation payée d’une soirée et le bon cadeau, chacun avec ses conditions d’annulation écrites.
05
Le bon jamais utilisé
BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-10-10-40-50, § 90
Un bon à usages multiples qui n’est pas échangé avant sa date de fin ne donne lieu à aucune TVA.
Dans votre commerce : L’argent d’un bon de restaurant expiré n’a donc jamais porté de TVA ; reste son traitement comptable, que votre comptable ne peut pas faire sans la liste des bons.
Le geste du jour : À chaque clôture, donnez à votre comptable la liste des bons expirés, avec leur numéro, leur montant et leur date de fin.
Les pièges propres au restaurant
Le reste de l’addition
L’addition tombe rarement pile sur le montant du bon. Décidez si le reste demeure sur le bon pour une prochaine visite, et écrivez-le, plutôt que de rendre la monnaie sur un bon.
Le pourboire
Le pourboire laissé librement ne fait pas partie de l’addition. Dites à votre équipe si le solde d’un bon peut servir à en laisser un, et donnez la même réponse à toutes les tables.
La table qui s’agrandit
Un bon « dîner pour deux » présenté par une table de quatre paie sa part, le reste se règle comme d’habitude. Écrivez « pour deux personnes » si c’est ce qu’il couvre.
La réservation
Un bon ne réserve pas de table. Les soirs de fête, demandez de réserver en citant le bon, pour que la salle et la cuisine sachent qui vient.
La vente à emporter
Plats à emporter et commandes de traiteur n’ont pas toujours le taux de la salle. Si le bon peut les payer, il ajoute encore des taux possibles : une raison de plus de le traiter comme un bon à usages multiples.
Pizzeria et traiteur
À la pizzeria
Un montant modeste couvre une soirée en famille, sur place ou à emporter. Un bon utilisable en plusieurs fois colle mieux à ces commandes qui reviennent qu’un bon pour un seul repas.
Chez le traiteur
Le bon d’un traiteur paie souvent une commande pour une fête. Écrivez sur le bon le délai de commande à respecter, pour qu’il ne soit pas présenté la veille d’un réveillon déjà complet.
Les dates qui font vendre un repas à offrir
Noël
Le repas à offrir s’achète en décembre et se mange après les fêtes. Affichez le bon dès la fin novembre, en salle et sur vos réseaux.
La Saint-Valentin
Deux ventes différentes : la soirée du 14 février, datée et réservée, et le bon pour deux, à utiliser quand on veut. Présentez-les séparément.
Fêtes des mères et des pères
Fin mai, début juin, puis en juin : le déjeuner en famille. Montrez le bon trois semaines avant.
Départs et anniversaires
Les collègues se cotisent pour un dîner : un bon à montant libre se prête mieux à une collecte qu’un menu nommé.
Bon en euros ou bon « un menu »
Les deux s’offrent bien. Ce qui les sépare, c’est ce qui arrive quand la carte change ou que l’addition ne tombe pas juste.
Bon en eurosBon « un menu »
Changement de carte
Bon en euros : Sans effet : le bon paie ce qui est à la carte ce jour-là.
Bon « un menu » : À prévoir sur le bon, sinon on discute du menu équivalent.
Hausse de prix
Bon en euros : Le bon garde sa valeur, le repas se paie au prix du jour.
Bon « un menu » : Vous servez le menu écrit, même s’il coûte plus cher.
Ce qui reste
Bon en euros : Un solde, pour une prochaine table si votre règle le prévoit.
Bon « un menu » : Rien, ou un supplément si la table prend plus.
Le cadeau
Bon en euros : Laisse choisir les convives.
Bon « un menu » : Se raconte mieux : « le menu du chef, pour vous deux ».
Créer et vendre la carte cadeau du restaurant avec Passcard
Au restaurant, la carte cadeau Passcard se garde dans Apple Wallet ou Google Wallet jusqu’au soir de la réservation. Elle porte un montant en euros, débité à l’addition en une ou plusieurs fois : elle ne dépend ni de la carte du moment ni du prix des menus.
1. Vous créez la carte cadeau du restaurant
Dans votre espace Passcard, ajoutez une « Carte cadeau ». Indiquez les montants de vos repas les plus offerts, un dîner pour deux, un brunch, la validité qui vous convient parmi 6 mois, 1 an ou 2 ans, et un petit mot : « Sur réservation, utilisable en plusieurs fois ».
2. Vous encaissez la vente à votre caisse
L’argent du bon reste au restaurant, Passcard n’y touche pas. Enregistrez la vente comme votre comptable l’a décidé, sans TVA s’il s’agit d’un bon à usages multiples.
3. Vous émettez la carte
Entrez le montant, puis le prénom, le téléphone et l’e-mail du convive à qui le repas est offert. Il reçoit un e-mail au nom du restaurant ; pour le glisser dans une carte de vœux, téléchargez le bon imprimable avec son QR code.
4. À l’addition, vous débitez le montant
Quand l’addition arrive, scannez la carte et tapez son montant. Un débit plus élevé que le solde est refusé : le bouton « Tout le solde » débite ce qui reste, et la table règle la différence. Si l’addition est plus petite, le reste demeure sur la carte pour une prochaine table.
Les questions que posent les commerçants
Quel taux de TVA appliquer sur un bon cadeau de restaurant ?
Aucun le jour de la vente, dans le cas le plus courant : un bon qui peut payer des plats à 10 % et de l’alcool à 20 % est un bon à usages multiples, dont la vente n’est pas taxée. La TVA se calcule le jour du repas, au taux de chaque plat et de chaque boisson servis, comme pour une addition ordinaire.
Le client n’utilise qu’une partie de son bon : que faire du reste ?
Ce que vous avez écrit sur le bon. Nous n’avons trouvé aucun texte qui impose de rendre la monnaie sur un bon ; laisser le reste sur le bon pour une prochaine visite est la règle la plus simple à tenir. Décidez-le avant la première vente, écrivez-le sur le bon, et dites-le à l’acheteur au moment où il paie : c’est le moment où l’article L111-1 du code de la consommation place l’information sur le service vendu.
Mon menu a changé : le bon « menu dégustation » vendu l’an dernier vaut-il pour le nouveau ?
Si le bon le prévoit, oui, et c’est la meilleure façon de l’écrire : « ou le menu équivalent de la carte du moment ». S’il ne dit rien, servez le menu qui s’en rapproche le plus : la personne qui le présente n’est pas celle qui l’a acheté. S’il comprend un accord de vins, la part de l’alcool se ventile au taux normal, comme pour un client qui paie.
Le pourboire peut-il être débité de la carte cadeau ?
La carte débite le montant que vous saisissez : c’est votre règle qui décide. Si vous acceptez qu’un pourboire soit laissé sur le solde, ajoutez-le au montant débité ; sinon, débitez l’addition seule, et dites la règle à toute l’équipe.
La carte cadeau se crée depuis votre tableau de bord Passcard, à côté de votre carte de fidélité. Ce qu’elle comprend est détaillé sur la page des offres.