Coupon de bienvenue : quand l'offre de première visite rapporte, et quand elle coûte

La réponse courte

Une offre de première visite rapporte quand elle amène des gens qui reviendront au prix normal, et elle coûte trop quand elle attire surtout des chasseurs de remise : dans l'étude d'Utpal Dholakia sur 324 entreprises, près de 80 % des utilisateurs de ces offres étaient de nouveaux clients, mais bien moins revenaient ensuite payer plein tarif. Offrez un produit plutôt qu'une remise, faites circuler l'offre par vos clients actuels, et préparez la deuxième visite avant la fin de la première.

Un coupon de bienvenue est une dépense : c'est ce que vous payez pour qu'un inconnu pousse votre porte. Comme toute dépense d'acquisition, il se mesure, et les études disent assez précisément où il se perd.

Écrit par l'équipe Passcard. Publié le , mis à jour le .

Cinq mécanismes, et ce qu’ils changent à votre offre

01

Le coût d'acquisition

customer acquisition cost

Le coût d'acquisition est ce qu'un commerce dépense pour gagner un client, et le coupon en fait partie au même titre qu'une affiche ou une publicité.

Source : Utpal M. Dholakia, How Businesses Fare with Daily Deals, Rice University, 2011 (SSRN)

Dans votre commerce : Sur 324 entreprises qui avaient lancé une offre de découverte entre 2009 et 2011, 55,5 % y ont gagné, 26,6 % y ont perdu et 17,9 % sont restées à l'équilibre : l'offre en elle-même ne garantit rien.

Le geste du jour : Écrivez ce que coûte réellement votre offre pour une personne, marchandise et temps compris, puis combien de visites au prix normal il faut pour la rembourser.

02

Le retour d'expérience d'achat

purchase event feedback

Ce qu'un client a vécu lors d'un achat modifie sa préférence pour la suite, et la manière dont l'achat a été obtenu compte autant que l'achat lui-même.

Source : Karen Gedenk et Scott A. Neslin, Journal of Retailing, vol. 75, 1999

Dans votre commerce : Karen Gedenk et Scott Neslin ont observé qu'un achat déclenché par une baisse de prix affaiblit la préférence future, alors qu'une promotion sans baisse de prix, comme la dégustation, la laisse intacte ou la renforce.

Le geste du jour : Remplacez le pourcentage par une chose à goûter ou à essayer : le café, le dessert, le soin des mains, l'échantillon.

03

L'effet des offres à prix cassé sur la réputation

Une offre diffusée très largement attire des gens qui ont choisi la remise plutôt que le commerce, et leur jugement pèse ensuite sur la note publique.

Source : John Byers, Michael Mitzenmacher et Georgios Zervas, The Groupon Effect on Yelp Ratings, ACM EC 2012

Dans votre commerce : Sur des dizaines de milliers d'offres et plus de sept millions d'avis, la note moyenne des commerces a baissé de 0,12 étoile après leur offre à prix cassé.

Le geste du jour : Faites circuler votre coupon par vos clients actuels et dans votre rue, pas sur les plateformes de bons plans : l'ami d'un habitué ressemble déjà à vos habitués.

04

La carte déjà commencée

progression dotée, endowed progress effect

Une récompense paraît plus proche quand une première étape est déjà franchie, même si elle a été offerte.

Source : Joseph C. Nunes et Xavier Drèze, Journal of Consumer Research, 2006

Dans votre commerce : Pour un coupon, cela veut dire que la première visite ne s'arrête pas au « merci, à bientôt » : elle se termine sur une carte de fidélité qui porte déjà une case remplie.

Le geste du jour : Au moment où le coupon est utilisé, remettez la carte de fidélité et posez le premier tampon devant le client.

05

La formation d'une habitude

habit formation

Un geste devient automatique à force d'être répété dans le même contexte, et cela se compte en semaines, pas en visites.

Source : Phillippa Lally et al., How are habits formed, European Journal of Social Psychology, 2010

Dans votre commerce : Chez 96 volontaires suivis douze semaines, il a fallu 66 jours en médiane pour qu'un geste quotidien devienne automatique, de 18 à 254 selon les personnes : un premier passage, même réussi, n'installe rien tout seul.

Le geste du jour : Donnez au nouveau client une raison datée de revenir dans les trois semaines, par exemple le produit du jour qu'il n'a pas encore goûté.

Quand le coupon rapporte, quand il coûte trop

Le même coupon peut être une bonne affaire dans un café et une perte sèche dans un restaurant. Ce qui décide, c’est le coût de ce que vous offrez et la vitesse de la deuxième visite.

Il rapporte : un produit qui coûte peu et se voit beaucoup

Un expresso, un croissant, un jus pressé : leur coût de revient est faible, et le client les associe à votre maison plutôt qu’à un prix.

Il rapporte : des visites rapprochées

Dans un commerce où l’on revient chaque semaine, la deuxième visite arrive avant que le souvenir de la première se soit effacé.

Il coûte trop : une remise sur un panier qui varie

Chez un traiteur ou dans une brasserie, dix pour cent d’un gros panier pèsent bien plus que dix pour cent d’un petit, et le coût réel de l’offre ne se découvre qu’en caisse.

Il coûte trop : une offre sans limite

Sans date de fin et sans règle d’une offre par personne, un coupon affiché devient une remise permanente pour ceux qui l’ont photographié.

Deux règles à connaître avant de lancer

Une remise réservée aux nouveaux clients

Toute annonce de réduction de prix doit mentionner le prix le plus bas pratiqué dans les trente jours précédents (article L112-1-1 du code de la consommation). La fiche de la DGCCRF en exclut les opérations réservées à certains consommateurs : un coupon de première visite en relève, mais il doit dire exactement ce qu’il donne, à qui et jusqu’à quand.

Source : DGCCRF, Annonces de réduction de prix : ce que vous devez savoir

Écrire à ceux qui ont pris le coupon

Une personne qui n’a encore rien acheté chez vous n’est pas votre cliente : pour lui envoyer un SMS ou un e-mail commercial, il faut son accord, recueilli au moment où elle prend le coupon. L’exception des clients existants ne joue qu’après une vente.

Source : CNIL, La prospection commerciale par courrier électronique, SMS-MMS et automate d’appel

Les questions que posent les commerçants

Comment réserver une réduction aux seuls nouveaux clients ?

En boutique, il faut un moyen de reconnaître la personne : un numéro de téléphone, une carte à son nom, ou un coupon lié à une personne plutôt qu'un code que tout le monde peut recopier. Un code imprimé sur une affiche sera réutilisé ; une offre rattachée à un numéro ne sert qu'une fois.

Mes nouveaux clients ne reviennent pas après la promo : que faire ?

Regardez la deuxième visite, pas la première. Le client qui a profité de l'offre doit repartir avec une raison de revenir à une date précise et une carte qui porte déjà sa première étape. Relancez-le une fois, s'il l'a accepté, vers la fin de son rythme habituel de visite.

Dois-je afficher un prix barré pour mon offre de bienvenue ?

Si l'offre est réservée aux nouveaux clients, elle sort de la règle du prix le plus bas des trente derniers jours, d'après la fiche de la DGCCRF sur les annonces de réduction. Elle doit en revanche dire clairement ce qu'elle donne, à qui et jusqu'à quand.

Puis-je envoyer un SMS aux personnes qui ont pris mon coupon ?

Seulement si elles l'ont accepté en prenant le coupon. Tant qu'une personne n'a rien acheté, elle est un prospect, et la CNIL demande son accord préalable pour tout SMS ou e-mail commercial. Après un premier achat, l'exception des clients existants permet de lui écrire au sujet de produits analogues, à condition qu'elle puisse refuser facilement à chaque message.

Et Passcard dans tout ça

Passcard prépare un coupon de première visite à partager sur Instagram, sur Google ou sur un flyer : la personne l'ajoute à son téléphone, et à son premier passage il devient sa carte de fidélité, avec un premier tampon.

Bientôt pour tous les commerçants. La carte de fidélité, elle, est déjà ouverte à tous.

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